Droit de l'enfant - le délégué général

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Soutien à l'utilisation

ASPECTS METHODOLOGIQUES

Les capsules vidéo d’une durée de 4 à 6 minutes sont destinées à l’utilisation par les intervenants à des fins d’animations participatives. Nous souhaitons qu’elles ne soient pas utilisées en dehors de ce cadre. Elles nécessitent un tiers pour être mise au travail. Chacune aborde plus spécifiquement une thématique (l’endoctrinement, la place jouée par les réseaux sociaux, la liberté d’expression, etc.), même si la plupart sont traversées par l’ensemble de ces thèmes. L’utilisation d’un support préalable pour aborder une thématique permet d’amorcer l’expression orale et autorise une forme de distanciation, de prise de recul par rapport aux thèmes évoqués. Les capsules vidéo et les récits écrits sont un support pour permettre aux participants du groupe d’être à l’écoute de leurs ressentis, d’exprimer une parole, trop souvent refoulée ou tue par peur du jugement, de faire émerger leurs questionnements et interrogations, leurs opinions, pour ensuite élaborer et co-construire un savoir collectif.


Cadre de travail :

Il s’agit pour l’intervenant et les participants de co-construire un espace dans lequel le réflexif et l’éprouvé peuvent s’exprimer, s’articuler et s’analyser. Etablir un tel cadre est porteur de sens et va permettre aux participants du groupe de s’engager, c’est-à-dire d’oser se dire sans crainte de jugements, de violences symboliques ou objectives. Il nous semble qu’à minima le cadre nécessaire à la libération et l’élaboration d’une parole au sein d’un groupe doit inclure les points suivants :


• Règle d’intentionnalité : Que fait-on ensemble ?

L’intervenant et les participants s’engagent à explorer les thématiques exposées dans les capsules vidéo. A ce titre, l’intervenant est garant du cadre proposé. Le cadre proposé n’est pas celui d’un espace où livrer un discours ou débattre. Il s’agit d’offrir un espace de co-construction de sens qui nécessite l’instauration d’une dynamique groupale et de relations interpersonnelles sereines. L’intervenant contribue à la construction de sens en soutenant les participants à réintroduire de la pensée autour de leurs représentations et du rapport qu’ils ont avec leurs identités, avec autrui et le monde.


• Règles communes : Comment le fait-on?

  • Implication et volontariat. La participation aux échanges suite à la présentation des capsules vidéo s’inscrit dans une démarche dite volontaire, c’est-à-dire que le participant est libre de la gestion de son implication. Il décide de ce qu’il va dire ou non au groupe à propos de son histoire, de ses opinions et ressentis.

  • Confidentialité et discrétion. Ce qui se dit dans le groupe est confidentiel. Il y a de la part de l’intervenant le devoir de faire acte de discrétion par rapport aux éléments que les participants auraient déposés dans le cadre précis du travail au départ des capsules vidéo. Il y a de la part des participants ce même devoir, ainsi que celui de laisser dans le groupe ce qui s’est dit dans le groupe et de ne pas le rapporter en dehors du travail groupal.

  • Interaction. L’intervenant par ses interventions verbales et non-verbales au travers d’une relation structurante et bienveillante, interpelle, soutient et favorise un climat où l’expression de ses émotions, de soi et de ses idées peuvent être de mise. Dans l’esprit d’un accompagnement respectueux des défenses que pourraient exprimer les participants, l’intervenant, par un travail de reformulation, les accompagne pour élaborer leurs pensées. L’intervenant veille à travailler au départ du récit livré dans la capsule et de l’expression des participants. Le participant réagit avec sa subjectivité aux thèmes soulevés dans les capsules vidéo et aux réflexions de ses pairs ; en ce sens, il n’y a pas de bonnes et mauvaises réponses. L’intervenant met au travail les contradictions, accueille la complexité et revient si besoin au vécu exprimé dans la capsule vidéo par le jeune concerné pour cadrer les échanges.

  • Ecoute bienveillante. L’écoute est respectueuse et les modes d’intervention évitent tout jugement de valeurs, interprétations abusives ou projections. L’intervenant et le groupe proposent leurs regards et, ensemble, ils explorent les thèmes proposés dans les capsules vidéo afin de favoriser la réflexivité par rapport à leurs histoires de vie et leurs représentations.


REGLES DE FONCTIONNEMENT

L’intervenant choisit une capsule vidéo par séance d’animation.  C’est à lui de saisir celle qui est la plus en lien avec les préoccupations actuelles du groupe. En fonction du public concerné, le récit écrit est distribué aux participants en début ou en fin d’animation.

L’intervenant est invité à consulter la fiche « soutien à l’utilisation » jointe à la capsule vidéo. Il y trouvera des pistes pour amorcer les échanges. Les sous-titres de cette fiche sont là à titre indicatif pour regrouper et structurer les questionnements. En aucun cas, ils ne les restreignent à ce seul champ. Ces fiches présentent des pistes non exhaustives de travail. Les fiches permettent aussi à l’intervenant de se familiariser avec la manière dont les questions sont formulées, lui permettant d’accéder à un travail de compréhension sur le récit de vie du jeune relaté dans la capsule vidéo ou dans le récit écrit.

Dans un premier temps, l’intervenant et le public concerné visionnent la capsule vidéo. Les participants s’expriment librement sur leur ressenti, sur ce que les images et les paroles de la capsule vidéo suscitent.

Dans un deuxième temps, les participants s’expriment sur le contenu de la capsule vidéo et/ou du récit écrit. Le travail sur ces supports se fait au départ de ce qui émerge dans le groupe. L’intervenant suit les thèmes proposés par les participants. Les échanges sur les thèmes se font au départ des supports liés au vécu du jeune exprimé dans la capsule vidéo ou dans le récit écrit  et les retours se font sur ceux-ci et non sur le participant qui a émis ses sensibilités et ses points de vue. Il s’agit de distinguer les opinions et vécus personnels des participants des informations liées à la capsule vidéo et/ou du récit écrit. C’est un travail à la fois individuel et collectif qui accueille les contradictions et la complexité, qui favorise le doute et la remise en question.

Dans un troisième temps intitulé savoir collectif, l’intervenant vise à reprendre ce qui s’est dit de manière transversale durant le travail groupal. Car ce qui trop souvent est vécu comme personnel et ressenti comme éclatement, chaos, voire contradictions et clivages, tend dans le travail groupal à s’universaliser. Les échos des uns et des autres permettent de dégager des liens, du sens, ce qui permet à chacun de poser ses propres choix, tant sur le plan de l’engagement personnel que social, voire citoyen. L’intervenant contribue par ce travail à l’élaboration d’un savoir collectif.

Il est important également de s’autoriser à revenir si nécessaire sur les supports, de permettre aux participants d’en reparler lors de sessions ultérieures ou de les informer sur les possibilités de lieux où pouvoir s’exprimer sur ces thèmes.