Droit de l'enfant - le délégué général

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« Prends-en d’la graine » n°5, le webzine du Délégué général aux droits de l’enfant, est sorti : « Violences éducatives ordinaires », pourquoi il faut légiférer.

24.06.2022 11:49 Il y a : 2 yrs

« Prends-en d’la graine » n°5, le webzine du Délégué général aux droits de l’enfant, est sorti : « Violences éducatives ordinaires », pourquoi il faut légiférer.


Le 30 avril c’était la journée mondiale de lutte contre les violences dites « éducatives ordinaires » sur les enfants #VDEO.

La violence n’est jamais éducative. Il n’y a pas de gifle, de fessée, d’insulte ou d’humiliation sans conséquences négatives, parfois graves, sur la vie d’un enfant. Il existe en revanche une panoplie énorme d’outils non-violents d’éducation qui peuvent la remplacer et nous projeter dans une société où les relations entre adultes et enfants, entre enfants, entre adultes eux-mêmes, seront apaisées et sereines.

La Belgique est au ban des nations qui ont interdit les violences éducatives. Ces violences ordinaires questionnent la place de l’enfant dans notre société. Laisser entendre que l’usage de la violence pour éduquer serait « pour le bien » de l’enfant revient à remettre en question sa qualité de sujet de droit à part entière. L’enfant n’est ni un « mini-adulte » ni une « quasi-personne ». Il est titulaire de droits subjectifs. L’enfant nait et demeure égal en droits et en dignité à l’adulte qui a le devoir de prendre en compte ses besoins spécifiques et son extrême vulnérabilité. Et, parfois, malheureusement, la violence dite éducative tue encore dans notre pays.

 Il est illusoire de penser que nous allons convaincre et nous débarrasser de la fessée du jour au lendemain. Le Délégué général aux droits de l’enfant n’entend pas se substituer aux parents ou fournir des recettes simples qui auraient valeur d’incantations. Il relève de ses missions de permettre à la Belgique d’entrer dans la liste pays européens qui ont franchi le pas de l’interdiction des violences dites éducatives dans leur législation. Par ailleurs, interdire les violences éducatives ordinaires dans notre cadre légal doit s’accompagner de campagnes de sensibilisation et d’outils de « capacitation » et d’accompagnement des familles et des professionnels de l’enfance et de la jeunesse. Prenons la décision courageuse de faire avancer notre pays vers le progrès en légiférant pour une éducation non violente pour tous nos enfants.

Bernard De Vos
Délégué général aux droits de l’enfant

#PEDLG5 est disponible gratuitement sur le site internet du Délégué général et en version papier sur simple demande à notre service via l’adresse dgde(at)cfwb.be