Droit de l'enfant - le délégué général

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« Dialogues de l’égalité » - « 20 ans… et plus » du RWLP (Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté) !

14.09.2023 12:11 Il y a : 315 days

« Dialogues de l’égalité » - « 20 ans… et plus » du RWLP (Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté) !

Premier dialogue : Droits de l’enfant, droits des familles, sous le prisme de la lutte contre la pauvreté. Un dialogue entre Solaÿman Laqdim Délégué général aux droits de l’enfant et Christine Mahy Secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté.


Premier dialogue :
Droits de l’enfant, droits des familles, sous le prisme de la lutte contre la pauvreté.
Un dialogue entre Solaÿman Laqdim Délégué général aux droits de l’enfant et Christine Mahy Secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté.

Faire dialoguer des parties qui sont habituellement disjointes ou opposées pour obtenir les changements qui s’imposent, au bénéfice des populations, est au cœur du travail du RWLP depuis plus de 20 ans. L’expérience de ce dernier lui laisse penser qu’intégrer la complexité des situations n’affaiblit en rien la détermination à demander et provoquer des changements.

Ainsi, se poser pour interroger nos/les prises de parole en faveur de l’égalité, c’est aussi poursuivre l’indispensable action contre les inégalités pour éradiquer la pauvreté. Car les prises de parole en faveur de l’égalité peuvent entraîner des effets inattendus voire contre-productifs que nous nous devons d’analyser, toujours avec la perspective d’obtenir des victoires souhaitées par les populations et à leur bénéfice.

Le sociologue Michel Wieviorka avait évoqué cette question lors d’une interview que l’Asbl RTA avait  réalisée à son bureau de la Maison des Sciences de l’Homme à Paris : « Et, par conséquent, les discours qui stigmatisent, ou les personnes qui disqualifient, il faut s'en méfier. Alors, les discours qui stigmatisent, moi, je vis dans un pays, la France, où c'est sans arrêt qu'on entend dire : « On leur demande de s'intégrer, on leur propose de s'intégrer mais on n'y arrivera pas, on ne peut pas les intégrer, ils sont musulmans, ils sont de telle ou telle couleur de peau ». Ou même, simplement, la mise en avant de l'idéal universel : « Vive la liberté ; l'égalité ; la fraternité », c'est superbe, mais si vous êtes privé, vous, comme jeune de l'accès à la liberté, l'égalité, la fraternité, ce discours il est insupportable, et il vous déjuge. Donc vous voyez il y a des conditions – ce n'est pas simplement créer des conditions comme ça, par exemple, associatives – c'est aussi être très sensible à ceux qui tiennent le discours sur place, au responsable du centre culturel, etc., et à ceux qui tiennent les discours politiques et idéologiques, en  général.[1] »

Cette idée des « discours qui déjugent » constitue l’enjeu de ces « Dialogues de l’égalité » conçus et réalisés par RTA et le RWLP. Les objectifs poursuivis consistent à déconstruire ces mécanismes qui déjugent et disqualifient, directement et indirectement : s’attaquer aux inégalités économiques, est-ce vraiment impayable ? Est-il possible de promouvoir les droits de l’enfant sans disqualifier les familles ? Les combats environnementaux et sociaux peuvent-ils être menés de concert ? Peut-on parler de difficultés éducatives et culturelles en étant pris en compte par les institutions ? Peut-on interroger celles-ci sans provoquer du déni ou des attaques en retour ?

Dans cette première série de 4 réalisations « Dialogues de l’égalité », 4 thèmes ont été choisis de concert par le RWLP et RTA. Deux seront centrés sur l’économique (le caractère « impayable » des mesures sociales ; la concurrence des priorités dans les investissements) ; deux autres sur le culturel (les droits de l’enfant et le collectif familial ; le rapport des parents aux institutions). La première vidéo se penche sur la promotion des droits de l’enfant, qui se décline trop souvent d’une façon qui disqualifie directement (en mettant en avant l’irresponsabilité parentale, par exemple à un niveau culturel) ou indirectement. Lorsque l’on parle de « pauvreté infantile », on isole trop souvent l’enfant de son collectif familial, on prétend agir pour l’enfant (comme si la cause parentale était perdue, voire constituait le problème)

 

 


[1]M. Wieviorka, « Subjectivation et violence », interview RTA 2013  https://intermag.be/michel-wieviorka-subjectivation-et-violence